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<p style="text-align: left;"> La question dans nos sociétés subsiste : « Si la torture permet de soutirer des informations qui sauvent des vies, n’est-elle pas justifiée ? ». Cela peut sembler inhumain et pour d’autres raisonnable. Seul le futur nous étonnera...
 
<p style="text-align: left;"> La question dans nos sociétés subsiste : « Si la torture permet de soutirer des informations qui sauvent des vies, n’est-elle pas justifiée ? ». Cela peut sembler inhumain et pour d’autres raisonnable. Seul le futur nous étonnera...
   
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Si la torture est donc un moyen de contrôler les masses par la peur ou de contrôler la pensée par la douleur physique et mentale qu'elle incombe, la restriction totale de réflexions (et donc sa manipulation) par l'utilisation du Novlangue peut-elle donc être considérée comme une torture mentale? </p>
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<blockot>Si la torture est donc un moyen de contrôler les masses par la peur ou de contrôler la pensée par la douleur physique et mentale qu'elle incombe, la restriction totale de réflexions (et donc sa manipulation) par l'utilisation du [Novlangue] [http://fr.orwell1984compassion.wikia.com/wiki/Le_Novlangue]peut-elle donc être considérée comme une torture mentale? </blockot></p>
   
 
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Version du 22 mars 2018 à 13:04

                             Salle 101 : torture psychologique, endoctrinement...

 La salle 101 et la torture psychologique sont l’un des points clés dans le roman 1984 de George Orwell (1948). Cet endroit est connu de tout le monde mais personne ne souhaite y être enfermé (« Vous savez ce qu’il y a dans la salle 101, Winston. Tout le monde sait ce qu’il y a dans la salle 101 »).

 Là-bas, le but est d’y être enfermé afin de vivre son pire cauchemar, ou sa plus grande peur. A la fin, vous aurez accepté une vérité modifiant votre vision du mon pour devenir un être calibré et docile apte à fonctionner dans une société totalitaire. Nous sommes alors en droit de nous poser quelques questions : La torture est-elle une fin ou un moyen dans 1984 ?

 Qu’est ce que la torture ?

 Une bonne partie de 1984 est tournée vers la torture physique et psychologique, nous nous devons d’en savoir les débuts et la définition. En latin, torturer vient de tortura qui signifie « action de tordre » et « souffrance ». Avant, torturer une personne était commun lors d’interrogatoire pour lui soutirer des informations. Sauf que la personne restait rarement en vie.

 Aujourd’hui, il existe la Convention contre la Torture et Autres Peines ou Traitements Cruels, Inhumains ou Dégradants. Dans le premier article de celle-ci nous pouvons lire : « Le terme « torture » désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d’obtenir d’elle […] des renseignements ou des aveux, de la punir […] de faire pression sur elle […] par un agent de la fonction publique ou tout autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite (=implicite)[...] » (1987). C’est une définition assez longue mais qui résume bien ce que l’on retrouve dans 1984 avec Winston et O’Brien. 1984 plonge directement dans une ambiance très sombre.

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 De rebelle à docile :

 Toutes les personnes ayant une vérité objective se doivent de passer par la réintégration où ils pourront devenir ce que le Parti attend d’eux : des êtres sans libre-arbitre.

 Dans 1984, on s’efforcera de dire que ce n’est pas punir l’individu mais le guérir. Ici la torture se divise en 3 axes.

  • Etudier :

 Dans un premier temps, on va chercher à comprendre comment l’individu fonctionne. De quelle manière il pense, quelle est sa réaction. En effet O’Brien va rapidement tester Winston : « Vous avez peur, dit O’Brien, qui lui surveillait le visage, que quelque chose ne se brise bientôt. Vous craignez spécialement pour votre épine dorsale. Vous avez une image mentale des vertèbres qui se brisent et se séparent et de la moelle qui s’en écoule. C’est à cela que vous pensez, n’est-ce pas, Winston ? ». Il veut annihiler le pouvoir de résistance de Winston.

 De plus O’Brien va jouer sur la mémoire de Winston, nier l’existence du passé auquel Winston croit : « Sottise, La Terre est aussi vieille que nous, pas plus vieille » (p350). Il veut créer un doute. Winston deviendrait alors facilement sujet à des hallucinations. Du moins c’est ce qu’on veut lui faire croire pour le détruire plus facilement.

  • Comprendre

 La vérité doit être subjective et non objective. Winston doit comprendre cela. Il va devoir subir un grand nombre de tortures différentes afin que ce message passe: Famine, perte de notion du temps, passage à tabac, tentatives de lavages de cerveau... O’Brien explique à Winston que son but est de lui montrer que le pouvoir s’exprime en forçant les autres à souffrir, que part le biais de la torture et à l’anéantissement de l’Homme le Parti est plus puissant. Toutes les questions que Winston va poser à O’Brien vont lui apprendre une chose : il n’est plus rien et le Parti a déjà gagné.

  • Accepter

 L’acceptation est le dernier obstacle. Même si Winston obéit, il n’aime pas pour autant Big Brother. O’Brien va alors le conduire en salle 101 pour y rencontrer sa plus grande peur. Tout ce que le Parti souhaite est que Winston trahisse Julia, celle-ci étant la dernière chose qui raccrochait Winston au passé. L’abandonner ferait de lui alors une personne comme des centaines d’autres.

 En salle 101, il va alors y rencontrer des rats. George Orwell n’a rien laissé au hasard dans son roman. Winston est piégé dans un monde où chaque personne est traitée comme une vulgaire bête. Un monde qui est sale, dans la misère. Or Winston ne veut en aucun moyen être comme tout le monde. Il veut être libre. Sa peur des rats le répugne car il ne veut pas devenir un simple individu grouillant. Mais il doit quand même endurer le fait de n'être qu'un individu de plus.​​​​​​

 Détruire l’Homme :

 Durant 1984, le Parti a un but : détruire l’Homme qui réside en chacun pour créer un parfait individu sans objectivité. On ne recherche pas une privation physique mais une privation mentale. Pour eux, le corps ne doit être qu’un « tas de cellules ». Ils veulent, en quelques sorte, réinitialiser l’esprit.

 A travers toutes les formes de torture que Winston a subit, O’Brien dévoile systématiquement tout sens de vérité auquel Winston se rattache. Il va réorganisait la pensée de Winston.

 Mais ce que le Parti souhaite avant tout, c’est détruire l’Homme qui reste en lui : «(…) Qu’est ce que vous êtes ? Un sac de boue. Maintenant tournez-vous et regardez-vous dans le miroir. Voyez-vous cette chose en face de vous ? C’est le dernier homme. Si vous êtes un être humain, ceci est l’humanité. (...) » (p359). Pour cela O’Brien commence par lui enlever tout sentiment de fierté, de confiance en soi et d’honneur : « Vous n’existez pas » (p342), . Tout ce qui donne la conscience d’ ‘’être’’ vivant. Ainsi quand O’Brien lui demande de se regarder dans un miroir, il ne se reconnaît plus et accorde à son tortionnaire une confiance totale.

 La torture humilie et déshumanise, même Winston pensant pouvoir y résister, succombe en oubliant ses convictions. La torture dans 1984 est très efficace pour contrôler la subversion dans un état totalitaire. Elle détruit tout ce qui donne à l'Homme sa force.  

La torture de nos jours :

 1984 était un livre de science-fiction. Aujourd’hui il n’est que le miroir d’une société connue de tous. La plupart des tortures présentes dans le livre sont bien réelles (la torture blanche et le supplice du rat). Par exemple, le principe était de placer sur le ventre du détenu une cage avec un rat. On émettait une source de chaleur au dessus de la cage qui effrayait le rat. Celui-ci préférait alors s’enfuir en creusant dans le ventre du détenu.

 Or aujourd’hui, dans le monde dans lequel nous vivons, il existe 141 cas de torture répertoriés (la France en faisant partie). Nous pouvons même parler du futur avec Donald Trump qui avant son mandat a dit mot pour mot : « Ils m’ont demandé : qu’est ce que vous pensez du waterboarding ? (simulation de noyade répétée). J’ai répondu que je l’aimais. Je l’aime. L’une des plus grandes forces et j’ai dit que ce que nous devrions faire c’est la (torture) rendre plus sévère. Et si vous pensez que ça ne marche pas, vous avez tort.Mais vous savez nous avons des lois que nous devons respecter. Donc j’ai dit que nous allons rendre les lois plus sévères :YEEAH ! Dans le public :. Ils tuent nos enfants et nous ne pouvons pas les torturer ? A quel point sommes-nous stupides. ».

 La question dans nos sociétés subsiste : « Si la torture permet de soutirer des informations qui sauvent des vies, n’est-elle pas justifiée ? ». Cela peut sembler inhumain et pour d’autres raisonnable. Seul le futur nous étonnera... <blockot>Si la torture est donc un moyen de contrôler les masses par la peur ou de contrôler la pensée par la douleur physique et mentale qu'elle incombe, la restriction totale de réflexions (et donc sa manipulation) par l'utilisation du [Novlangue] [1]peut-elle donc être considérée comme une torture mentale? </blockot>

ZUBOWICZ Lucie

FREDERIC Cannelle     

1èreS Notre Dame de la Compassion