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La Police de la Pensée dans 1984

La Police de la Pensée est la police secrète d'Océania dans 1984, le roman dystopique de George Orwell.

Son rôle est de découvrir les crimes de pensée et de punir et éliminer leurs auteurs. Elle utilise pour cela la psychologie et la surveillance omniprésente par télécrans des membres de la société susceptibles de concevoir l'idée de défier l'autorité dirigeante.

Dans son roman, Orwell démontre de manière explicite que s’il y a une Police de la Pensée, c’est parce que penser différemment de la vérité qui nous est donnée est mortellement puni. Il le dit par exemple lorsqu’il dit: « A une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire ». Ici la vérité est que le peuple est totalement dirigé par une société, pas seulement avec des lois qui interdissent le vol par exemple, mais également avec des « lois morales » à respecter, vivre sa vie avec une opinion donnée et qui devra être inchangée, parce que si l’on pense différemment de cette opinion donnée, mort s’en suivra. Il l’exprime de manière encore plus explicite en disant: « Le crime de penser n’entraine pas la mort. Le crime de penser est la mort. » (page 43), nous pouvons ici remarquer qu’en effet, si l’on pense, la seule chose qu’il en résultera est la mort.

L’auteur évoque un monde où les individus sont constamment surveillés grâce au progrès technique et notamment à la présence d’écrans qui permettent au Parti d’avoir un contrôle quasi constant sur la population : des « télécrans » sont situés dans chaque logement, sur les lieux de travail, dans la rue… Mais aussi d’assurer une propagande d’envergure avec la diffusion d’informations assurée par des médias contrôlés par le Parti. La liberté d’expression n’existe plus tant au niveau des médias, que dans la sphère privée puisque les individus sont contrôlés en permanence. Pour que ce contrôle soit « total », le Parti incite à la délation. Ainsi, la population, déjà soumise à la surveillance permanente des nombreux écrans et des patrouilles qui circulent dans les rues afin de vérifier les déplacements « suspects » des membres du Parti, fait également l’objet d’une surveillance intensive de ses pairs. L’instance qui contrôle l’ensemble des individus se nomme « Police de la pensée ».

Au domicile et sur les lieux de travail des membres du Parti, ainsi que dans les lieux publics, sont disposés des « télécrans », système de vidéo-surveillance et de télévision qui diffusent en permanence les messages du Parti et surveillent simultanément. Les télécrans permettent à la police de la Pensée d’entendre et de voir ce qui se fait dans chaque pièce où s'en trouve un. Seuls les membres du parti intérieur peuvent arrêter le télécran qui se trouve à leur domicile pendant une courte période.

De sa naissance à sa mort, un membre du Parti vit sous l’œil de la Police de la Pensée. Même quand il est seul, il ne peut jamais être certain d’être réellement seul. Où qu’il se trouve, endormi ou éveillé, au travail ou au repos, au bain ou au lit, il peut être inspecté sans avertissement et sans savoir qu’on l’inspecte. Rien de ce qu’il fait n’est indifférent. Ses amitiés, ses distractions, son attitude vis-à-vis de sa femme et de ses enfants, l’expression de son visage quand il est seul, les mots qu’il marmonne dans son sommeil, même les mouvements caractéristiques de son corps, tout est jalousement examiné de près. Non seulement tout réel méfait, mais toute excentricité, quelque bénigne qu’elle soit, tout changement d’habitude, toute particularité nerveuse qui pourrait être le symptôme d’une lutte intérieure, sont détectés à coup sûr. Il n’a, dans aucune direction, la liberté de choisir.

Comme dit précédemment, une vérité est donnée et il faut la suivre sans se poser de question si l’on veut rester en vie. Cette vérité est probablement fausse et ainsi, la Police de la Pensée est là pour que tout le monde accepte cette pensée, et quiconque ne l’acceptera pas sera tué. Si cette police est dite de pensée, c’est pour la simple et bonne raison que, comme Orwell le dit dans son roman: « La réalité existe dans l’esprit humain et nulle part ailleurs. » (page 330).

La famille est aussi une extension à la police de la pensée. Les enfants sont systématiquement dirigés contre leurs parents, au moyen de la Ligue des Jeunes et des Espions, pour les espionner et rapporter leurs écarts. La description de ces activités est semblable au mouvement des jeunesses hitlériennes. Tout le monde est surveillé nuit et jour par des indicateurs qui peuvent être des intimes. Espionner son voisin est encouragé. Même dénoncer son conjoint, ses parents, ses amis est courant. Ainsi, tout le monde vit dans la peur soit d'être découvert, soit que ses actions soient mal interprétées comme étant une rébellion contre le Parti. Le Libre-arbitre n'existe pas puisque le Parti arrive même à contrôler la Pensée. Et si un membre du Parti n'a pas les bonnes opinions, les bons instincts (il faut préciser entre parenthèses que beaucoup de règles ne sont pas dites explicitement, mais qu'elles sont inculquées aux membres du parti depuis l'enfance), la Police de la Pensée enlève la personne au milieu de la nuit (comme le faisaient les Nazis pour envoyer les gens dans les camps de concentration). Selon Winston: « C'était toujours la nuit. Les arrestations avaient invariablement lieu la nuit. Il y avait le brusque sursaut du réveil, la main rude qui secoue l'épaule, les lumières qui éblouissent, le cercle des visages durs autour du lit. Dans la grande majorité des cas, il n'y avait pas de procès, pas de déclaration d'arrestation. Des gens disparaissaient, simplement, toujours pendant la nuit. Leurs noms étaient supprimés des registres, tout souvenir de leurs actes était effacé, leur existence était niée, puis oubliée. Ils étaient abolis, rendus au néant. Vaporisés, comme on disait. » (pages 31 et 32).

Nous pouvons également penser que la Police de la Pensée a un deuxième but plus subtil. Nous savons que l’un des objectifs du Parti est de changer la langue par le novlangue afin de limiter la pensée puisqu’Orwell le dit: « -Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée? A la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. » (page 74). Par conséquent, nous pouvons supposer que le but de la Police de la Pensée est de surveiller les pensées des gens, mais également de préparer au futur. En créant la Police de la Pensée, le Parti dissuade les gens de s’exprimer, puis au fur et à mesure, cela les dissuade même de penser puisque finalement, penser devient inutile si l’on ne peut pas exprimer cette pensée sans le moindre risque. La Police de la Pensée serait en fait un moyen de surveillance, mais également un moyen de préparer le peuple au futur en les mettant dès maintenant dans les conditions à venir.

Big Brother dans 1984 ou Big Brother

Le Télécran dans 1984

DESBOURDIEUX Paul               

JOUVE Flavien

BARRAT Sam

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